Les artisans unis à Yamoussoukro


« Il y a quelques mois, mon fils est décédé. Une semaine après, mon deuxième fils était malade et avait besoin d’une intervention chirurgicale urgente. Je n’avais plus d’argent mais comme ce projet avait également permis à notre association d’avoir une assurance santé, mon fils a pu se faire opérer et je n’ai payé qu’une petite somme. » explique Kambou, un photographe de la ville de Yamoussoukro.

Kambou, devant son studio photo

Je suis à Yamoussoukro, une ville où le travail artisanal domine la classe ouvrière. Des charpentiers aux coiffeurs, des mécaniciens aux photographes, et bien tant d’autres. Il y a quelque temps, des artisans comme Kambou travaillaient individuellement et séparément. Sous le financement de l’Union Européenne et de l’AVSI, la Chambre Nationale des Métiers a lancé un projet dont l’objectif est de rassembler différents artisans en associations, et en plus de fournir une assistance pour obtenir leur assurance santé comme le dit Kambou, cela leur permet également de devenir plus autonomes.

Sur 249 métiers, 300 associations ont été formées. Grâce à ces associations, le projet propose souvent des formations sur différents concepts d’entrepreneuriat, tels que le marketing, l’épargne, l’éthique du travail, …

Le projet soutient différents artisans avec différents métiers

« Avant la venue du projet, nous étions très dispersés et nous nous connaissions à peine. Pour ceux qui se connaissaient, on se voyait comme des concurrents, rien de plus. Ce projet est arrivé et nous avons commencé l’association. Tous les ferronniers n’ont pas répondu à l’appel, mais pour ceux qui l’ont fait, nous en avons beaucoup bénéficié. Nous nous aidons les uns les autres et notre relation s’est élargie en dehors des limites du travail, nous sommes amis maintenant. Quand il y a un grand marché, j’appelle mes compagnons de fer à venir m’aider. « – dit Hamed Ibrahim

M. Hamed dans son atelier à Yamoussoukro

« J’ai été dans le métier en tant que mécanicien automobile pendant tant d’années. Mais pendant la formation, j’ai appris des choses que je n’avais jamais considérées importantes, comme aborder le marché, les relations avec mes clients, etc. C’est aussi un bon endroit pour échanger des idées avec mes collègues qui ont le même genre d’affaires.  »

Outre les formations, le projet a également permis de rénover un centre de formation à Yamoussoukro. Ce centre, équipé de machines pour la ferronnerie et la mécanique, sera utilisé par les artisans pour la formation professionnelle, dans le cadre du projet, mais il les aidera également à avoir accès à des machines de haute technologie au cas où ils auraient des travaux individuels.

Le centre de formation à Yamoussoukro

L’association des photographes a également reçu des financements pour pouvoir s’acheter une machine d’impression moderne afin de pouvoir, à présent, imprimer leurs photos à Yamoussoukro sans avoir besoin de se déplacer vers les grandes villes comme Abidjan et bien sûr pour d’augmenter la qualité des photos.

Plus tard dans l’après-midi, j’ai décidé de commencer ma carrière de mannequin et j’ai décidé de faire ma session-photo ici à Yamoussoukro.

 

  • BAMBA Lassine
    29/04/2018

    « Un artisan, un avenir à Bâtir »..tel était le titre de ce projet que j’ai eu l’honneur de piloter en tant Chef de Projet. Projet Innovant, intégré, et inclusif dans sa démarche à renforcer les actifs des artisans vulnérables, accroître leurs revenus en vue de favoriser leur inclusion professionnelle et sociale.

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