Eau et Assainissement : Les villages apprennent l’utilisation des toilettes


En grandissant, on m’a appris à rester propre et en bonne santé. J’ai grandi en sachant que chaque fois que j’ai besoin « d’aller au lieu d’aisance », je me dirige tout simplement vers une petite pièce appelée une toilette. Et c’est normal, parce que c’est ce que font tous les autres. Mais non. Pouvez-vous croire qu’il y a des endroits où personne ne sait ce qu’est une toilette, une salle de bain ou une latrine ? Et pour les gens qui vivent dans ces régions, tout ce que vous faites là-bas est fait n’importe où en dehors de leur maison.

Nous sommes dans la région de Man, à l’ouest de la Côte d’Ivoire. Ce matin, avec l’UNICEF comme partenaire, je visite 3 villages où le projet PHAM, financé par l’Union Européenne, a été mis en œuvre entre 2013-2017. Ce projet consiste à améliorer durablement l’accès à l’eau et à l’assainissement pour la population.

Entrant dans les villages, je suis étonné de voir à quel point ils sont propres. Mais on me dit que ce n’était pas comme ça il y a quelques années. Les latrines étaient des mystères dans ces villages. Les gens déféquaient dehors dans l’environnement ouvert, et pour les enfants, n’importe où dans la cour aux côtés de la route. Ceci était évidemment la cause principale des cas de diarrhée sévère qui étaient présents, puisque les cuisines sont ici à l’extérieur, et les repas sont la plupart du temps aussi pris à l’extérieur. Ainsi, les mouches et autres insectes pouvaient simplement bourdonner de la matière fécale tout autour des assiettes de nourriture.

En train d’écouter les histoires de bénéficiaires d’un des  villages

« Quand le programme est arrivé, nous ne comprenions pas pourquoi ils nous disaient de changer notre façon de vivre. Nous ne savions rien des latrines, car nous avons grandi sans jamais en voir. Un jour, dans une campagne d’assainissement, ils ont apporté une assiette d’Acheke et du poulet (nourriture locale) et ils ont mis de la matière fécale à quelques mètres de la nourriture. Quelque temps après, les mouches ont commencé à bourdonner autour de la nourriture et des excréments. Ils nous ont demandé qui voulait goûter la nourriture. Nous avons tous dit non. C’est alors que notre facilitateur nous a expliqué que c’est ce que nous faisons tous les jours. A partir de ce moment-là, nous savions tous que nous devions construire nos propres latrines immédiatement « – dit Le chef du village.

La spécificité de ce projet est qu’il n’a jamais construit une seule latrine pour un ménage. Au lieu de cela, avec l’aide de l’ASAPSU (l’Association de Soutien à l’Autopromotion Saitaire Urbaine), l’agent de sensibilisation, les villageois ont appris et été encouragés à construire des latrines par eux-mêmes : le développement personnel. Il existe deux types de latrines et, en fonction de la capacité financière de la famille, elles choisissent celle à construire.

Le type de latrine le moins cher, construit en utilisant des troncs d’arbres

 

Un type de latrine plus cher construit avec une dalle

Ce projet a permis à 92.448 ménages de construire des latrines fonctionnelles, et 823 villages ont acquis le statut de « Fin de défécation à l’air libre », un statut pour lequel un village est certifié et une pancarte est placé juste à l’entrée du village.

Une affiche prouvant que dans le village, personne ne fait plus la défécation à l’air libre

« Après avoir commencé à utiliser les latrines, les cas de diarrhée ont considérablement diminués. De plus, notre village est vraiment propre. Nous avons réalisé que quand nous allons dans d’autres villages où ce programme n’a pas été adopté, l’on est accueilli par une mauvaise odeur et bien sûr la saleté partout. Mais nous essayons de leur faire savoir les avantages d’avoir une latrine, même s’il n’est pas facile de les faire changer d’avis en une seule journée  »

Le projet a également construit des latrines pour 28 écoles et 13 centres de santé

 

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