Ambassadrices de la santé à Man, Côte d’Ivoire


Début 2011, une guerre civile a éclaté en Côte d’Ivoire. Les infrastructures ont été détruites et les gens ont fui leurs domiciles. Dans la région de Man, étant l’une des plus touchées par la crise, l’infrastructure de santé a été gravement affecté, et un bon nombre de personnels de santé ont dû quitter la région. En conséquence, les habitants n’avaient qu’un seul choix, le retour à la médecine traditionnelle.

Quelque temps après la fin de la crise, les hôpitaux ont commencé à rouvrir leurs portes mais les gens continuaient à utiliser leurs méthodes habituelles, les femmes continuaient d’avoir leurs accouchements à la maison. Une solution était nécessaire pour encourager les gens à rétablir la confiance et à rejoindre les hôpitaux. Et la solution était parmi les gens eux-mêmes.

En 2014, CARITAS, financé par l’Union européenne, a lancé un projet dans lequel un groupe de femmes a été recruté pour agir en tant qu’ambassadrices de la santé dans leurs communautés. Pour les rendre aptes à la responsabilité, ils ont d’abord appris à lire et à écrire. Ensuite, ils ont été formés sur différents thèmes de soins de santé publique.

Qui peut mieux changer l’esprit de la communauté que les femmes ? Elles étaient alors envoyées à mener des campagnes de sensibilisation, encourageant leurs concitoyens à joindre les centres de santé en cas de besoin, et d’après ce que le centre de santé le confirme, elles ont fait et continuent de faire du bon travail.

« Nous avions besoin de communiquer avec la population locale, et pour cela, ce groupe fut très nécessaire. Elles sont notre bouche et nos oreilles. Nous avons vu le nombre de cas traités ici augmenter et le nombre de naissances faites ici a aussi considérablement augmenté » – Docteur Nana, chef du centre de santé

« En ce qui concerne l’accouchement, certaines femmes ne faisaient pas confiance aux sages-femmes du centre de santé et préféraient le faire à la maison. Alors c’était notre travail de les faire savoir les avantages de l’accouchement fait au centre de santé. »

« Un des obstacles qu’on a rencontrés est que parfois les chefs de famille nous empêchaient de parler à leurs familles, simplement parce que nous les encouragions à changer leurs façons de faire. Mais petit à petit, ils ont commencé à comprendre » dit Alphonsine Tio

Il n’y a pas seulement la communauté qui a bénéficié de ce projet, mais ces femmes aussi, à un niveau personnel, comme le confirme Eduige : « Beaucoup de femmes dans cette communauté ne sont pas éduquées. Avec les cours d’alphabétisation que nous avons eu, beaucoup de choses ont changé dans ma vie. Par exemple, cela m’a personnellement aidé à gérer une petite entreprise de restauration que je possède, je peux faire ma petite comptabilité et je sais maintenant combien je fais comme bénéfices. »

Même si ce projet a pris fin, ces femmes ont aujourd’hui continué les activités. C’est vraiment génial de les voir conscientes du fait que le bien-être de leur communauté est entre leurs mains.

 

De 0 comentaires 11/07/2018

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